Tamus communis L.
Tamier commun

DIOSCOREACEAE
Autres dénominations : Herbe aux femme battues, Bryone noire, Couleuvrée noire, Haut liseron, Racine de feu, Racine vierge, Raisin du diable, Sceau de Notre-Dame, Sceau de la Vierge, Taminier, Vigne noire, Vigne sauvage.

Description botanique :
Plante herbacée dioïque, vivace par un rhizome charnu gris-noirâtre (renfermant un suc d’odeur désagréable), grimpante, à tiges grêles,volubiles (jusqu'à 3 m) striée, dépourvue de vrilles. 
         • Feuilles : Alternes, simples, à long pétiole, cordiformes, échancrées à la base et aiguës au sommet, d'un vert sombre et luisantes, à 5-7 nervures plus ou moins parallèles, convergentes aux extrémités  
         • Fleurs : Fleurs régulières, 3-6 mm, jaune verdâtre, les femelles en petites inflorescences, les mâles en grappes longues, grêles (floraison : avril - août). 
         • Fruit : Baies globuleuses, en grappe, rouges et juteuses à maturité (maturité : août-novembre), contenant 3 à 6 graines brunes sphériques. Les fruits peuvent persister jusqu'à l'hiver sur les tiges  

Habitat :
     • Bois, haies, buissons de presque toute la France, jusqu'à 1200 m  
     • Commun, sauf dans la région méditerranéenne  
Risques principaux :
      • Causticité cutanéo-muqueuse  
      • Troubles digestifs  

Principes toxiques :
            • Nature  
                    o Cristaux d'oxalate de calcium (surtout dans le rhizome) sous forme de raphides qui constituent de très fines aiguilles 
                    o Saponosides (dioscine, gracilline)  
            • Localisation : Dans les baies et en plus grande concentration dans le rhizome.  

Circonstances d'intoxication : 
        • Consommation de baies par les enfants, mais à la saveur sucrée initiale succède rapidement une sensation brûlante et douloureuse au niveau de la bouche qui en limite l'ingestion  
           • Le contact cutané avec le rhizome provoque des dermites irritatives  

Remarques :  
          • Les jeunes pousses de tamier ressemblent à des asperges et se consomment de la même façon ; leur saveur est agréable, bien que parfois amère. 
          • La plante bénéficie d'une réputation, totalement usurpée, d'action curatrice des ecchymoses dues aux coups (d'où son nom vernaculaire "d'herbe aux femmes battues") ; cet usage est à proscrire formellement, les risques de dermatites étant bien supérieurs aux bénéfices attendus. 

Notions générales : Les symptômes sont voisins de ceux observés en cas d'intoxication par l'Arum. 

Eléments diagnostiques : 
           • Lors de l'ingestion  
                 o Causticité bucco-pharyngée (brûlure, hypersalivation) 
                 o Troubles digestifs : nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales  
                 o Hyperthermie  
             o Si ingestion de plus de 20 baies : céphalées, angoisse, délire, troubles respiratoires, dépression du système nerveux central pouvant évoluer vers une paralysie, un coma et la mort. 
           • Lors du contact cutané : dermite irritative (brûlure, inflammation, oedeme) 

Conduite à tenir : 
Cf. Arum tacheté (Arum maculatum L.)
FloreTox
A,B,C....