Oenanthe crocata L. 
Oenanthe safranée
 
APIACEAE
Noms communs : Navet du diable, Pensacre, Fenouil d'eau. 
 
Description botanique :
Plante herbacée bisannuelle de 1 à 2 m, vivace, à tige robuste, creuse et sillonnée, glabre. Odeur de persil. 
         • Partie souterraine : Racines adventives renflées en gros tubercules sessiles allongés en fuseau, à suc jaunâtre brunissant à l'air, réunis parfois en nombre important à la base de la plante  
         • Feuilles : Alternes, les basales bi à tripennatiséquées, aux folioles ovales larges ou arrondies, lobées et dentées, les supérieures bipennatiséquées, aux folioles plus étroites profondément découpés et dentés  
         • Fleurs : Petites, blanches ou rosées, en ombelles composées amples (15 à 30 rayons) ; les involucres et invollucelles tombent à la floraison en juin-juillet  
         • Fruits : Akènes ovales, allongés, à 10 côtes fines.  
Toute la plante dégage une odeur rappelant le céleri.
 
Habitat :
        • Lieux humides, prés, lisière des forêts, bord des pièces d'eau fraîches, fossés, sur sol acide, à basse altitude 
        • Subatlantique, elle est assez fréquente dans l'Ouest de la France (Bretagne, Normandie, Vendée) et au Royaume-Uni. 
Risques principaux : 
        • Convulsions  
        • Dépression cardio-respiratoire  

Principes toxiques :  
       • Nature : Dérivés acétyléniques : Polyines instables à l'air (œnanthotoxine et ses dérivés : œnanthétol, œnanthétone). Les concentrations seraient maximales dans la plante fraîche en hiver et au début du printemps  
       • Localisation : Dans toute la plante, mais l'œnanthotoxine est concentrée dans la racine. Les feuilles contiennent également des quantités importantes de dérivés acétyléniques.  
La teneur en principes toxiques est maximale en hiver et en début de printemps.  
 
Circonstances d'intoxication : 
       • Ingestion volontaire, accidentelle ou à des fins criminelles de racine d'œnanthe. Les cas d’intoxications chez l’homme sont surtout observés au Royaume-Uni, la plante y est plus fréquente que chez nous.  
       • Confusion possible : avec des racines d'Apiacées alimentaires (céleri, carotte...) ou d'Apiacées réputées comestibles (angélique). Le goût et l'odeur agréables incitent à la consommation. La cuisson atténue fortement la toxicité de la plante.  
 
Notions générales : En cas d'ingestions massive, la symptomatologie est identique à celle induite par la ciguë vireuse.  
 
Eléments diagnostiques : 
      • Faible quantité ingérée :  
              o Prédominance des symptômes digestifs : vomissements, diarrhée parfois sanglante  
              o Brûlures oro-pharyngées, hypersalivation  
      • Pour des doses importantes :  
              o Troubles neurologiques :  
                           Mydriase, trismus  
                           Confusion, délire  
                           Crises convulsives tonico-cloniques avec rhabdomyolyse, coma  
              o Dépression cardio-respiratoire  
 
Remarques : En cas d'intoxication massive la mort peut survenir rapidement.  
L'O. phellandrium L. (fréquente dans l'Ouest de la France), contenant des doses plus faibles d'œnanthotoxine, est responsable de signes digestifs, neurologiques (mydriase, vertiges, délire, lipothymies, convulsions sur fond de somnolence) et de rash cutané.  
 
Conduite à tenir : 
        • Hospitalisation  
        • L'absence de symptômes plus de 2 heures après l'ingestion d'une partie de la plante (baies, feuilles, tige, fleur...) est de bon pronostic  
        • L'efficacité de l'épuration digestive n'est actuellement pas démontrée  
Le lavage gastrique ainsi que l'administration de charbon activé sont à discuter au cas par cas  
        • Traitement symptomatique des convulsions : diphénylhydantoïne - phénobarbital (diazépam peu efficace), voire curarisation et ventilation assistée 
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