Autres dénominations : Ciguë aquatique. 
 
Description botanique :
Plante herbacée vivace à tige robuste (0,6 à 1 m) 
        • Tige : Robuste, glabre, creuse et striée (parfois jusqu’au pétiole). La base et les nœuds sont teintés de rouge. 
        • Racine : Rhizome tubéreux blanchâtre d'odeur désagréable, creux, avec des cloisons typiques. Surface avec des cicatrices issues des précédentes racines. A la coupe, excrétion d'une substance jaune d'or caractéristique.
        • Feuilles : Grandes, composées, engainantes, à limbe pennatiséqué et denté ; les feuilles inférieures sont 2 à 3 fois complètement divisées en segments, eux-mêmes profondément découpés. On constatera que les feuilles basales de la plante sont davantage pétiolées que les supérieures, ces dernières peuvent être parfois sessiles. 
        • Fleurs : Type 5, petites, blanches, en ombelles composées (10 à 15 rayons), dépourvues d'involucre, involucelles à 3 à 5 bractées linéaires (floraison : juillet-août)  
        • Fruit : Diakène plus large que long, petit presque globuleux, à 10 côtes et surmonté de 5 dents  
 
Habitat :
        • Plante aquatique des marais, rives des fleuves et rivières, terrains tourbeux ou toute autre zone riche en dépôt alluvionnaires. A noter qu’une grande partie de cette plante est le plus souvent immergée. Jusqu'à 1000 m.
        • Rare en France sauf dans l'ouest. Présente en Europe du Nord et Centrale.  
Cicuta virosa L.
Ciguë vireuse

APIACEAE
Risques principaux :
         • Convulsif, arrêt respiratoire 
         • Arythmie cardiaque      
         • Insuffisance rénale.

Principes toxiques : Plante toxique pour l’homme et l’animal. Cette espèce fait partie des principales plantes à risques d’intoxication sévère. 
         • Nature : Dérivés acétyléniques (polyines linéaires) : la cicutoxine, ses dérivés voisins : cicutol, cicudiol, et leurs isomères.  
                            Alcaloïde type conicine.
      • Localisation : La cicutoxine est présente dans toutes les parties de plante, mais elle est concentrée dans la racine en automne. La teneur en principes toxiques varie selon l'origine géographique et la saison. 
Toute la plante est toxique.  

Remarque : Le séchage éliminerait les polyines présentes dans les couches externes mais pas en intégralité, en effet la littérature relate un cas de suicide suite à la mastication de plusieurs fragments de racines séchées. 

Circonstances d'intoxication : 
           • Ingestion de racine le plus souvent  
       • Confusion : La racine peut être confondue avec celles des Apiacées comestibles morphologiquement voisines (carotte, angélique, céleri, panais...). Son habitat aquatique est pourtant caractéristique, et parmi les Apiacées, seule l'angélique pourrait se rencontrer dans les marais. 
           • On recense également des cas d’intoxications volontaires.  
           • L’intoxication animale touche surtout les herbivores 
 
Remarque : Cinq décès ont été recensés aux Etats Unis entre 1979 et 1988. Dans la plupart des cas, les victimes ont confondu la racine de cigüe avec le céleri sauvage (Apium graveolens L.), la carotte sauvage (Daucus carota L.) ou encore le panais (Pastinaca sativa L.). 
 
Dose toxique : 
           • Dose toxique : 1 fragment de la taille du pouce, 1 racine  
           • Dose létale : 2 racines  
           • Dose létale conicine : 100 à 300 mg  

Eléments diagnostiques : Délai d'apparition des symptômes : 30 à 45 minutes après l'ingestion du rhizome. 
           • Hypersalivation  
           • Signes bucco-pharyngés (sensation de brûlure) 
           • Troubles digestifs : nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhées  
           • Signes généraux : hypersudation, hyperthermie  
           • Troubles neurologiques :
                 o Mydriase, tremblements, vertiges  
                 o Jargonophasie, délires  
                 o Convulsions  

En cas d'intoxication grave :
           • Arythmie cardiaque (fibrillation ventriculaire)  
           • Troubles respiratoires : encombrement des voies aériennes, dépression respiratoire  
           • Complications d'épisodes convulsifs répétés : rhabdomyolyse et insuffisance rénale aiguë
 
 Conduite à tenir : 
          • Hospitalisation  
          • L'absence de symptômes plus de 2 heures après l'ingestion d'une partie de la plante (baies, feuilles, tige, fleur...) est de bon pronostic  
          • L'efficacité de l'épuration digestive n'est actuellement pas démontrée 
Le lavage gastrique ainsi que l'administration de charbon activé sont à discuter au cas par cas  
         • Traitement symptomatique des convulsions : diphénylhydantoïne - phénobarbital (diazépam peu efficace), voire curarisation et ventilation assistée  
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