Aconitum lycoctonum subsp. vulparia (Rchb.) Nyman
Aconit tue-loup 

 RENONCULACEAE 
Description botanique : Plante vivace, partiellement duveteuse, à racine charnue et fibreuse, tige de 1 mètre de haut ou plus. 
 
                Feuilles : Alternes, grandes, palmées, profondément divisées 
                Fleurs : En forme de casque allongé, de couleur jaune clair, groupées en épi terminal lâche (Floraison : juin-août) 
                Fruit : Follicules 
 
Habitat : Montagnes, landes rocailleuses, zones humides et fraîches, aussi en sous-bois 
Remarque : Toutes les espèces d’Aconit sont vénéneuses.  
Principes toxiques : 

            • Nature : Alcaloïdes cardiotoxiques : aconitine, lycaconitine, myoctonine, aconine. 
           • Localisation : Les parties les plus toxiques sont les racines charnues et les tubercules. Chez l'homme, l’ingestion de 12g de racines suffirait à provoquer le décès.  

Circonstances d'intoxication : Confusion avec l’angélique sauvage (Angelica sylvestris L.) qui est récoltée au printemps par les catalans qui consomment les pétioles frais des jeunes feuilles. Le limbe est finement découpé, un peu comme celui d’un cerfeuil et surtout parfumé. Malgré qu'il soit fade et doux, il provoque rapidement des brûlures au niveau des muqueuses.

Eléments diagnostiques : 
Lors de l'ingestion, délai d'apparition des symptômes : 30 à 45 minutes. 
        • Paresthésies bucco-labiales, hypersalivation  
        • Troubles digestifs : Nausées, vomissements, diarrhées  
        • Signes généraux : Pâleur, hypersudation, hypothermie, frissons  
        • Troubles neurologiques  
             o Paresthésie de la face et des extrémités évoluant vers une anesthésie, voire une parésie  
             o Mydriase, troubles visuels  
             o Vertiges, ataxie  
    • Troubles cardiaques : Hypotension artérielle, troubles du rythme ventriculaire (extrasystoles, fibrillation), troubles de la conduction (bloc auriculo-ventriculaire)  
        • Dépression respiratoire  
        • Biologie : Hyperkaliémie, augmentation des CPK (biologie évoquant une rhabdomyolyse)
  
Lors du contact cutané : Dermite irritative. 

Conduite à tenir :
En cas de mastication l'hospitalisation est inutile.
 
En cas d'ingestion récente : 
        • Hospitalisation  
      • L'absence de symptômes plus de 2 heures après l'ingestion d'une partie de la plante (baie, feuille, tige, fleur...) est de bon pronostic  
        • L'efficacité de l'épuration digestive n'est actuellement pas démontrée 
Le lavage gastrique ainsi que l'administration de charbon activé sont à discuter au cas par cas  
        • Surveillance cardiaque systématique, continue pendant 24 heures  
        • Traitement symptomatique  
              o Des troubles du rythme et de la conduction : antiarythmiques (mexilétine, amiodarone et flécaïnide en première intention), entraînement électrosystolique ; calcium et magnésium sont parfois préconisés  
              o L'utilisation d'atropine (effets parasympathomimétiques de l'aconitine) a été proposée  
        • Contre-indications : potassium, procaïnamide et bêta-bloquants  
Remarque : le sulfate de magnésium diminuerait les foyers ectopiques myocardiques ainsi que les troubles sensitifs algiques. 
  
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